L’Ouest Canadien en van : le voyage des premières fois

En préparation du roadtrip dans l'ouest du Canada

En choisissant de partir dans l’Ouest Canadien, nous avions deux objectifs simples : randonner en Alberta et surfer les vagues de l’île de Vancouver. Après un calcul rapide, on a finalement décidé que 17 jours sur place devraient suffire. Le mois de septembre s’est un peu imposé. Et pour compléter l’expérience, on s’est dit que c’était l’occasion pour nous de tester le voyage en van pour la première fois. S’en est suivi la préparation de cette nouvelle aventure, une affaire loin d’être simple.

Une préparation longue et complexe

Commencer par établir un itinéraire

Comme pour toutes mes préparations de voyage, j’ai commencé en créant une carte Google Map afin de m’organiser visuellement et géographiquement. Je me suis inspirée de sites de voyage spécialisés comme Authentik Canada qui propose plusieurs circuits à travers le pays. C’est le genre de partenaire idéal si tu n’es pas comme moi, à vouloir passer des dizaines d’heures à organiser ton voyage tout seul. Ils proposent des itinéraires et des forfaits pouvant aller jusqu’à inclure la location de voiture à Calgary, ou ailleurs au Canada et l’organisation d’activités. Tu n’as rien d’autre à faire que ta valise. Mais puisque moi j’aime établir mon propre itinéraire, je me suis aussi perdue, des journées entières, sur des dizaines de blogs.

Après avoir établi un premier brouillon de ma carte et organisé les 67 premiers points d’intérêts en catégories variées (oui, c’est un gros travail), j’ai vite réalisé qu’on n’aurait pas assez de temps pour tout voir et qu’il allait malheureusement falloir faire beaucoup de choix. Avant même de partir dans l’Ouest, on savait que ce ne serait pas notre premier voyage de ce côté du pays.

Composer avec les conditions planétaires

Parce qu’on était en période de pandémie mondiale, on se devait de réserver un certain ratio de nuits en camping. Notre itinéraire s’est donc un peu dessiné sur les disponibilités restantes. Par exemple, la volonté première était de débuter par Jasper pour ensuite descendre vers Banff. Les fins de semaines étant déjà complètes à Jasper, et le camping sauvage étant interdit dans les parcs nationaux, on a dû se résigner à commencer par le sud. C’est sur ce genre de faits qu’on a pivoté nos plans.

En préparation du roadtrip dans les Rocheuses

Un voyage dense en découvertes (à poursuivre)

Tu sais comment c’est : les plans c’est fait pour être modifiés. Et surtout, on n’avait pas pris conscience que les distances étaient si grandes avant d’y mettre les pieds. J’avais noté plein de randonnées qui, une fois sur place, se sont avérées bien trop éloignées. Enfin, si, c’était possible, mais il fallait accepter le fait de faire 3-4h de route dans la journée pour compléter une randonnée de 10h. Sachant qu’on prend toujours plus de temps en rando que ce que les fiches techniques annoncent, on a préféré ne pas passer notre temps à courir et à découvrir les endroits qui nous entouraient.

Notre itinéraire de 17 jours dans l’Ouest

Tu trouveras sur le blog un article détaillé par jour mais voici la carte du trajet qu’on a parcouru dans l’Ouest Canadien:

Itrinéraire dans l'ouest

C’est certain qu’il nous aurait fallu plus de temps pour mieux découvrir la région mais, deux semaines et demie, ça nous a quand même permis d’avoir un bel aperçu de toutes ses beautés.

Alberta :
Banff National Park
Jasper National Park

Colombie-Britannique : 
Revelstoke National Park
Yoho National Park
Robson Provincial Park
Pacific Rim National Park

En préparant ce voyage, j’ai noté tellement d’endroits à visiter qu’on a évidemment pas tout pu aller voir. Je garde une carte avec toutes les informations pas loin parce qu’on va évidemment y retourner un jour !
Cliquez ici pour voir la carte

Le Lac miroir Kidney dans le parc provincial du Mont Robson
Les montagnes vues depuis la fenêtre du van

Le plein air tant attendu

Pouvoir être dehors tous les jours et jouir d’une nature absolue, ça n’a pas de prix. Se lever pour aller jouer dehors, c’est ça la vie non ? Les Rocheuses de l’Ouest sont un terrain de jeu en plein air absolument infini, et on s’est pas mal mis à l’épreuve durant notre séjour. Quotidiennement, on s’est lancés dans des randonnées d’un niveau plutôt élevé, sans toujours savoir si on serait capable de les compléter. C’est avec fierté qu’on arrivait au bout, vidés et en même temps complètement débordant de vie. 

Sur les sentiers, on a souvent croisé des personnes âgées qui semblaient moins à bout de souffle que nous. On se croyait en forme, mais c’est certain qu’on ne passe pas nos journées à crapahuter. En montant le Mont Royal une fois tous les trois ans, il ne fallait pas vraiment espérer mieux. Marcher dans les montagnes en respirant l’air pur qu’on y trouve, voilà le secret de la longévité. Ça ne nous a pas tellement donné envie de retourner nous installer 10h par jour devant nos écrans à la maison…

La surprise d’une faune généreuse

Pendant notre séjour, on a eu la chance de croiser beaucoup d’animaux en Alberta. Des wapitis, des ours, des mouflons d’Amérique, des chèvres de montagne, des orignaux : on a été chanceux d’assister à autant de rencontres. Beaucoup de gens nous ont dit n’avoir pas vu l’ombre d’un animal. D’une part, je pense que ce qui a augmenté nos chances, c’est qu’on s’est toujours rendus dans les endroits moins touristiques. On les a souvent croisé dans des zones de randonnées considérées comme difficile. C’est certain que si le nombre d’humains au mètre carré est réduit, les animaux vont avoir plus tendance à se montrer. D’autres part, on s’est arrêtés pour observer la faune. À la manière de Vincent Meunier, on a appris que la vie animale ne reprend que si l’humain se fait absent.

Orignaux, wapitis, ours noirs sur les routes de l'Alberta

Qu’a-t-on appris de notre première expérience en van ?

Après en avoir parlé longtemps, on a finalement testé le voyage en van pour la première fois lors de ce voyage dans l’Ouest. On s’imagine depuis quelques années s’acheter un van et partir vivre sur la route à la digital nomad. Avant de se lancer pour de vrai, on s’est dit que ce serait peut-être plus intelligent de s’essayer d’abord. Vivre dans un espace réduit et dans un confort relatif, sans accès aux commodités, c’est probablement pas pour tout le monde. Est-ce que dans la réalité ça nous conviendrait à nous ? Il fallait essayer pour savoir !

Au volant de Kawabunga, sur les routes de l'Ouest

Les avantages

On va pas se mentir, on en a trouvé beaucoup. Dans la vraie vie, celle du 9 à 5, on n’est pas très matérialistes et on se contente d’un confort assez minimum, alors on s’est sentis plus libre qu’autre chose ! D’abord, tu es super autonome. Tu n’as besoin de rien ni personne d’autre qu’une épicerie et une station essence de temps en temps. Ensuite, la mobilité est un avantage considérable dans l’Ouest où les distances sont grandes et où tout est à voir.

Pas besoin de passer des heures à chercher des disponibilités dans un hôtel à la fois abordable et sur ton itinéraire. Pas besoin non plus de te presser pour arriver avant la nuit et être capable de monter ta tente quand il fait encore jour. En van, c’est la belle vie. Tu arrives où tu veux, à l’heure que tu veux. On l’avait déjà remarqué pendant notre road trip en Gaspésie : le van jouit de plus d’options pour la nuit que la tente. Et tu peux aussi très bien être en route moins de cinq minutes après avoir fini ta nuit. Y a juste à passer à l’avant et mettre le contact.

Et enfin, tu fais des rencontres qui t’auraient été impossibles autrement. Le van attire la curiosité, c’est un fait. Avant même de rouler dans le nôtre, nous aussi on s’attardait un peu plus longtemps quand on croisait. Dans les campings ou sur les parkings, des gens sont venus à notre rencontre pour nous poser des questions, voir comment il était aménagé. Sur les routes, on recevait aussi souvent des saluts de la main ou des appels de phares de propriétaires d’autres vans. On a senti qu’on entrait en contact avec une communauté qui jusque-là nous était inconnue, et on a trouvé ça vraiment plaisant.

Les inconvénients

Un des avantages du van est que tu peux dormir gratuitement à beaucoup d’endroits. Le revers de cette médaille c’est que tu ne bénéficies d’aucun service. À moins que ton van/ RV n’en soit équipé, il faut donc accepter le fait que tu ne croiseras aucun pommeau de douche pendant plusieurs jours. Ça a été notre cas : les cinq premiers jours, la toilette s’est faite à la lingette.

Dépendamment de l’endroit où l’on voyage, se déplacer dans un véhicule long de 7 mètres ou plus peut générer des inconvénients pour trouver un stationnement. Partout dans le monde, certaines municipalités refusent d’ailleurs le stationnement de véhicules récréatifs dans certaines zones. On a heureusement pas été embêté pendant notre séjour dans l’Ouest Canadien mais la baisse de fréquentation due au COVID nous a sûrement aidée.

Les petits apprentissages qu’on retiendra

On a vite compris que la van life était un art de vivre qui s’apprenait. En fait dès la première nuit alors qu’on s’est stationné en pente. Voici donc quelques petits apprentissages qu’on retiendra. 

1. Se stationner à plat ou niveler son van avec des cailloux pour ne pas avoir la sensation de dormir dans un bateau ou écrasé contre la paroi. 

2. Quand le lit se déplie comme c’était notre cas, bien vérifier qu’on a pris tout ce dont on avait besoin dans les tiroirs qui se trouvent en dessous avant. Sinon il va falloir tout recommencer… C’est l’inconvénient majeur des petits espaces pensés. 

3. Si le van n’en est pas équipé, apporter un bandeau pour les yeux. Sinon, c’est réveil aux aurores garanti.

4. En cas de pluie, ne surtout pas se garer sous les arbres, même les moins garnis ! Les feuilles retiennent les gouttes qui finissent inéluctablement par tomber encore plus lourdement sur le toit du van. C’est comme recevoir une pluie de projectiles…

5. Un van dans lequel on ne tient pas complètement debout, c’est vite fatiguant pour le bas du dos. Faut le savoir.

Passion Ouest Canadien

En 17 jours, on a parcouru 3 061 kilomètres au volant de notre van. Pourquoi on a adoré ? Parce qu’on s’est senti libres de faire ce qu’on voulait, quand on voulait. La liberté que nous a offert ce genre de voyage semble addictive. Et passer son temps à profiter de l’extérieur, c’est incroyable ! Après six mois de confinement dû au COVID, on a encore plus profité de cette chance de vivre dehors. Chaque matin faire son café au milieu de la forêt avec les montagnes ou l’océan en arrière-plan, on pense que c’est ça la vraie vie.

Les paysages démesurés de l’Ouest nous ont secoués. On s’attendait à ce que ce soit beau mais pas autant que ça. On s’attendait à ce que ce soit haut, mais pas autant que ça. En Alberta, on s’est sentis tout petits au milieu de tous ces glaciers. Face à la vie sauvage aussi on s’est remis en question. Croiser tous ces animaux fût une réelle chance. Et même si on en était conscients avant, on a encore plus compris l’importance de préserver ces espèces qui peuplent ces régions. Ce qui nous a aussi ravis, c’est de savoir à quel point les gens d’ici luttent justement pour ce combat.

Ce n’était pas la dernière fois que nous nous rendions dans l’Ouest. En préparant ce voyage, on savait déjà qu’on ne pourrait pas tout barrer sur notre liste avant de repartir. Et en plus de ça, ça nous a beaucoup plu. Sans mentir, on a même évoqué la possibilité d’y déménager après seulement cinq jours sur place. On verra si la prochaine fois termine de nous convaincre.

Sur les hauteurs de l'Indian Ridge Trail

VOUS POURRIEZ AUSSI AIMER

2 commentaires

  • Sarah

    Quel belle aventure vous avez vécu ! Merci pour ce récit qui m’a rappeler de beaux souvenir et les magnifiques photos !

    27 octobre 2020 11 h 30 min
  • Côté Hublot

    Merci pour tes beaux mots Sarah ! C’est très apprécié !

    1 novembre 2020 18 h 14 min

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.