Nos plus beaux faux alliés santé: les Perturbateurs Endocriniens

Les produits chimiques occupent une place importante dans nos sociétés modernes. La répétition récentes des scandales sanitaires et pharmaceutiques a opéré une prise de conscience chez les consommateurs. Il est désormais impossible d’ignorer que les produits peuplant nos placards, douches et bords de baignoire sont bourrés d’ingrédients dangereux pour l’Homme.

Cette année, l’association UFC Que-Choisir a fait paraître une liste de 185 produits à usage quotidiens contenant des ingrédients aux enjeux de santé réels. On y liste les allergènes, les irritants et les perturbateurs endocriniens (PE): des agents chimiques composés qui imitent, ralentissent ou bloquent l’action des hormones de notre organisme, en impactant notre système hormonal, entraînant ainsi des effets nocifs sur notre organisme et sur notre descendance… Oui, en effet, c’est une longue et effrayante définition pour une toute petite molécule tapie dans la plupart de nos produits.

Le danger de l’ingurgitation des PE par notre système vient de son exposition répétitive. Réfléchissez quelques secondes à votre routine matinale personnelle. En ce qui me concerne,  j’utilise chaque jour le combo gel douche + lait corporel + déodorant + parfum + crème de jour + contour des yeux + base de maquillage + correcteur anti-cerne + poudre libre + blush + base à yeux + fard à paupière + mascara + base à lèvres + rouge à lèvres. Et c’est sans compter les jours de shampoing…

Jusque là, je pensais être prudente en n’utilisant que des marques reconnues et en faisant attention à ne pas acheter de déodorant contenant de l’aluminium (un conseil avisé de ma maman). Finalement, aujourd’hui j’ai un peu l’impression de me faire avoir et d’engloutir sciemment les composants qui me feront développer le plus beau des cancers (TA-DAAAAM!).

Comment repérer les PE? D’abord, bien s’accrocher car les noms sont loin d’être faciles à retenir et sont souvent cachés sous des synonymes (histoire de nous simplifier la tâche). Prenons par exemple le RESORCINOL principalement utilisé dans les colorations capillaires. Et bien retenez son nom mais sachez aussi reconnaître ses synonymes 1,3-BENZENEDIOL, 1,3BENZENEDIOL, 3-HYDROXYPHENOL, 4;M-DIHYDROXYBENZENE, M-HYDROQUINONE, M-PHENYLENEDIOL ou encore 1,3-DIHYDROXYBENZENE…

Easy. Peasy.

Fait qu’on ne va pas s’enfarger dans la construction d’une liste exhaustive. Par contre, j’ai tout de même un début de solution ultra-simple à vous proposer : l’application EWG’s Healthy Living. Créée par l’association de protection de la santé humaine EWG, cette app fonctionne aussi bien pour les produits alimentaires que cosmétiques. En analysant le code-barre du produit, elle détecte les renseignements de sa nocivité, sur l’organisme comme sur l’environnement. Efficace, simple et élégant.

La recherche INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients) peut également vous aider pour savoir si les produits que vous utilisez sont corrects ou non. Sa banque de données qualifie chacun des composants de « très bien » à « déconseillé ».

Cet article, comme tous ceux dont regorge le web, sonne peut-être un peu alarmant mais il faut savoir que l’Organisation Mondiale de la Santé à elle-même reconnu dans son rapport de 2013 devoir « mener d’urgence davantage de recherches afin de mieux connaître les conséquences sanitaires et environnementales des PE ». J’avoue qu’avant la rédaction de cet article, je n’avais moi-même pas conscience d’une telle nocivité mais c’est venu me chercher. On se sait déjà beaucoup exposé à la pollution et aux pesticides, alors pour une fois qu’on a la possibilité de faire un choix, autant s’offrir des produits qui ne nous détruisent pas de l’intérieur, non? Dorénavant, je me prendrai une petite gêne avec les produits contenants les composants à éviter. Je ne dis pas que je vais jeter tous mes produits mais je ferai des choix un peu plus avisés quand j’aurai à renouveler mes achats.

Je l’admets, toutes ces informations peuvent paraître un brin drama-tragiques et pourraient (encore une fois) nous faire perdre foi en l’humanité. No way ! C’est l’occasion de consommer autrement ! Oui, 40% des produits d’hygiène et de beauté contiennent des PE, mais ça veut juste dire qu’il reste donc 60% du marché exploitable! #yeeeees Et constater qu’il y existe encore plus de produits amis que de produits à risques, c’est aussi une occasion de se réjouir!

 

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