Échapper aux grizzlys sur le Bald Hills Trail à Jasper

La faune est présente partout dans l’Ouest, et même si elle évite les humains, les rencontres sont inévitables. C’est le jeu qu’on accepte au moment d’entrer dans les parc nationaux. Ours, orignaux, grizzlys sont ici chez eux.

Aller de surprise en surprise

Aujourd’hui fût une journée forte en émotions et ça commence au petit-déjeuner. Alors qu’on est tranquillement en train de faire griller nos tartines, sans rien avoir remarqué, un puissant brame nous fait sursauter. À dix mètres de nous se tient un gigantesque wapiti. Il fait plus de deux mètres de haut, on se demande comment on fait pour ne pas le voir avant, mais tant que ça ne hurle pas, ça reste discret. En cette période de l’année, les mâles en rute sont dangereux et peuvent charger tout ce qui situe à moins de trente mètres. Parce que ça pèse 300kg en moyenne, on s’écarte loin de nos tartines et on attend patiemment qu’il trace sa route.

Une fois parti, c’est un écureuil roux qui profite de la confusion de la situation pour entrer dans le van et aller faire ses courses. Comme il est minuscule et très très vif, on a un peu de mal à le mettre dehors. La vie sauvage est tellement habituée aux humains ici qu’elle n’en a pas peur. Il reste proche de nous à la recherche de victuailles abandonnées, mais ce n’est pas chez nous qu’il en trouvera.

Aujourd’hui, le temps est gris mais on a quand même décidé de partir en randonnée. Sur la route, c’est un festival. D’abord des orignaux adultes gigantesques courent à travers les bois le long de la route. Ensuite, c’est un ours noir qui traverse la chaussée, tranquillement devant Kawabunga. Pas stressé, il reste là à chercher ses baies. Arrivés sur le stationnement, ce sont deux jeunes orignaux qui broutent entre les arbres. Encore là, ils ne sont pas farouches et relèvent la tête quelques instants seulement pour constater que nous ne sommes que des humains.

Être attentifs aux signes

Après toutes ces rencontres inattendues, c’est plus motivés que jamais qu’on s’élance sur le Bald Hills Trail. C’est une randonnée de 15 kilomètres qui promet de belles vues à son sommet. Pour garder les choses dynamiques, on décide d’emprunter le short cut qui traverse droit à travers la forêt plutôt que d’utiliser l’asphalte. Sans surprise, ça grimpe mais ça finit par déboucher dans une sorte de mini-forêt dont les arbres ne dépassent pas vraiment notre taille mais assez dense pour ne rien voir arriver. Là, trônant au milieu du sentier, des excréments. C’est de la baie, sans le moindre doute.

Redoubler de prudence

On nous a répété que lorsqu’on croisait ce genre d’indice, c’était que des ours étaient présents dans le secteur. Avec attention, on observe le colis pour en connaître la fraîcheur, mais on n’est pas encore rendus experts. On décide d’être un peu plus vigilants et on se rend compte que la cloche accrochée au sac de Seb en a profité pour disparaître… Trois cents mètres plus loin, deuxième étron. Bon, là on sait qu’on est en territoire plus que potentiellement dangereux… On fait deux fois plus de bruit et on ne traine pas trop. Soudain, un peu plus loin sur le sentier, une femme blonde nous interpelle : “Could you come here, guys ?”

La garde-forestière Parc Canada nous attendait. D’autres randonneurs lui ont indiqués nous avoir vu emprunter le short cut. Elle est venue avertir tout le monde. Hier soir au même endroit, une randonneuse s’est retrouvée nez à nez avec une maman grizzly et ses trois petits. « Petits » tout de même âgés de deux ans, soit quatre grizzlys aussi gros les uns que les autres… L’aventurière s’est faite grogner par la mère protectrice mais a réussi à quitter la zone grâce à un sang-froid salvateur.

La garde forestière a placé un panneau d’avertissement en bas de la rando juste après qu’on soit passés, et a déjà découragé de continuer tous les autres randonneurs qui ont fait demi-tour sur le chemin principal. Même si elle nous autorise à continuer armés d’une bombe au poivre, elle nous déconseille de poursuivre sans être un groupe de quatre personnes puisqu’il y a de grandes chances pour que les grizzlys soient encore dans la zone.

Ne pas prendre de chance

Parce qu’on a justement observer des excréments sur notre passage et que croiser quatre grizzlys d’un coup ne nous tente pas trop, on accepte la ride Parc Canada jusqu’en bas. Demi-tour, on va aller jouer ailleurs !

On complète le Opal Hills Loop Trail sous l’adrénaline en entendant des ours partout. Demain, la journée s’annonce ensoleillée pour notre dernier jour dans le parc de Jasper. On prendra de la hauteur pour fêter ça.

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