Deux jours de balade sur l’Île-du-Prince-Édouard

Jour 1

Après avoir quitté la Gaspésie en fin de matinée et quelques heures de route, on arrive enfin au Nouveau-Brunswick. On fait route vers l’Île-du-Prince-Édouard située à quatre cent quatre-vingt-quinze kilomètres de là, donc ça nous prend un petit arrêt pour s’y rendre. C’est sous la pluie et dans la nuit qu’on monte notre tente dans le Parc Canada Kouchibouguac. Courte-échelle pour accrocher la bâche de toit au plus haut, calcul de l’inclinaison optimale, création de rigoles pour faire se vider les flaques qui naissent devant la tente et disposition de bois mort pour surélever la bâche de sol : on use de tous les stratagèmes.

Ça nous prend quand même deux bonnes heures avant d’avoir un set up capable de sauver notre équipement de la noyade. On est trempés jusqu’aux os, le port d’imperméable n’y a rien fait. Selon The Weather Channel, il va pleuvoir toute la nuit. On se couche en croisant les doigts et en serrant les fesses pour que les dégâts soient minimes au petit matin.

Monter la pluie la nuit dans le Parc Kkouchibouguac, Côté Hublot

Le jour se lève, on a survécu et la tente n’a pas pris l’eau ! On est officiellement devenus des champions du camping. Mais c’est pas le moment de s’auto-congratuler trop longtemps, on a encore de la route. Une fois le tout plus ou moins sec, on remballe et ça part.

Pour accéder à l’Île-du-Prince-Édouard en voiture, il faut emprunter le Pont de la Confédération. D’une distance de plus de douze kilomètres, il est le plus long au monde à traverser une étendue glacée en hiver. L’Île-du-Prince-Édouard est longue de deux cents vingt-quatre kilomètres alors on roule beaucoup aujourd’hui. Les routes sont toutes droites, mais pour une fois c’est apprécié. Direction l’Ouest pour profiter un peu de la plage au Cedar Dunes Provincial Park avant de partir planter la tente dans le Parc National de l’Île-du-Prince-Édouard. On ne sait pas bien quand mais on a visiblement encore perdu une heure dans un fuseau horaire… On arrive trop tard pour acheter du bois et donc lancer un feu. Plan B : soupe au réchaud et Monop’ Deal à la bougie.

Le Pont de la Confédération pour arriver sur l'Île du Prince Édouard, Côté Hublot

Cedar Dunes Beach, Côté Hublot

Jour 2

Ce matin, on se réveille donc sur un emplacement du Parc National de l’Île-du-Prince-Édouard, pas très intime mais face à la plage. Toute la nuit, on a entendu le bruit des vagues. Ça berce Seb, ça m’empêche pas mal de dormir mais le sommeil a fini par me gagner.

Après être allés régler notre nuit puisqu’on est arrivés trop tard pour le faire hier, on apprend qu’à compter d’aujourd’hui l’accès aux Parcs Canada est gratuit avec le début de la basse saison. On peut donc prendre la journée au complet pour visiter celui-ci, qui s’étale le long du littoral. On commence par la Plage de Cavendish et son très plaisant chemin des dunes, dont une partie est un pont flottant.

Le Chemin des Dunes dur Parc National de l'Île du Prince Édouard, par Côté Hublot

Sur l’Île-du-Prince-Édouard, les roches sont principalement constituées de grès, ce qui leur donne une couleur rougeâtre. En arrivant à la plage, on le voit très bien. Mais c’est encore plus impressionnant sur le site de Thunder Cove Beach où on se rend ensuite. Ici, à marée basse, on peut constater à quel point l’océan ronge la pierre, en laissant même flotter dans les airs quelques dolomites.

La roche rouge de l'Île du Prince Édouard, Côté Hublot

Thunder Cove Beach, Côté Hublot

On retourne dans le Parc National de l’Île-du-Prince-Édouard à la recherche d’un sentier de randonnée à travers bois mais on ne trouve que des balades le long de la plage. Les dunes sont très belles et cette pierre rouge également, mais c’est peut-être un peu lassant quand on est au mois de septembre et qu’on ne peut pas languir sur le sable chaud.

Parmi les adresses qu’on a notées, on avait particulièrement retenue celle d’un petit restaurant de pêcheurs, Richard’s. En arrivant sur place, le line-up d’une vingtaine de personnes a bien failli nous faire faire demi-tour. Sauf qu’on a faim et qu’il ne semble rien y avoir d’autre à moins de quarante kilomètres. Après presque une heure, on croque dans nos guédilles au homard et on se dit que l’attente n’était finalement pas si longue. Sauf que, ça nous a laissé le temps de réfléchir. De réfléchir au fait que ni Seb ni moi n’avons ressenti LE petit coup de coeur pour l’Île-du-Prince-Édouard, qu’on trouve ça mignon mais, qu’après notre trip en Gaspésie, ça manque un peu d’aventure. Il reste encore des endroits à visiter sur notre liste mais ça ne nous excite pas tant que ça. On se questionne pour savoir si on veut rester plus longtemps.

Chez Richard's, sir l'Île du Prince Édouard, Côté Hublot

Avec toutes ces heures passées en voiture, on a eu le temps d’écouter les infos et donc d’entendre parler de l’Ouragan Dorian. Selon sa progression, ça s’annonce agité du côté d’Halifax. Il risque d’y avoir des belles vagues… Ça sent le surf. On n’est plus à quatre heures de route prêt à ce stade, non ?

On part. Ce soir, on dort en Nouvelle-Écosse.

 

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