Perdues dans Amsterdam pendant
quatre jours

Cet été, avec mon amie Pauline ❤, on a voulu découvrir une nouvelle ville d’Europe dans laquelle ni elle ni moi n’avions jamais mis les pieds. La décision est vite prise et le rendez-vous fixé au 29 juin à l’aéroport d‘Amsterdam-Schiphol. On coordonne nos vols aller-retours, puis on trouve un Airbnb disponible. On est encore en Mars 2018, il ne nous reste plus qu’à travailler notre patience.

Le mois de Juin touche à sa fin et nos pieds foulent enfin le tarmac Amstellodamien. Avec seulement trois jours pleins sur place, on choisi d’en profiter dès notre arrivée. C’est vendredi, il est 17h30 quand nous claquons la porte du Airbnb, direction le centre-ville ! On papote, on se retrouve et très vite on ressemble à deux filles pas certaines de leur sens de l’orientation. Un homme à la terrasse d’un café nous interpelle et nous réoriente. Non, nous n’allions pas dans la bonne direction. Pas du tout.

« Lost in Amsterdam » , voilà une phrase qui synthétiserait à elle seule notre séjour. En quatre jours, nous n’avons pas été capables de trouver un seul repère géographique garantissant le bien fondé de notre orientation. Tissée comme une toile d’araignée autour des canaux, la ville est un labyrinthe dans laquelle les touristes, incapables de retenir le nom d’une rue, s’égarent. Pauline m’avait prévenue : « Rien ne ressemble plus à un canal qu’un autre canal » disait Le Routard…

Vigilantes en vélo

Une autre particularité d’Amsterdam est la relation d’amour qu’elle entretient avec les cyclistes. En 2014, on dénombrait 881.000 vélos pour 800.000 habitants et 400km de pistes cyclables. Les adresses où louer une bicyclette ne manquent donc pas. En ce qui nous concerne, nous avons eu la chance de nous en faire prêter deux par notre hôte <3. Après avoir reçu quelques conseils pratiques sur le système de verrouillage (intégré à même la roue arrière), nous enfourchons nos montures locales pour fuser, les cheveux au vent, à la découverte de la vie d’ici. Mais conduire un vélo à Amsterdam prend un peu plus de pratique que ce qu’il n’y paraît…

D’abord, les vélos sont hauts et les guidons larges. Il faut le temps de s’y habituer. Ensuite, les manettes de freins sont très souvent inexistantes. Ici, on rétropédale pour s’arrêter. Ça aussi, ça prend de la pratique. Et enfin, les règles de circulations à vélos sont aussi importantes que nombreuses, et les locaux ne prennent pas le temps de vous les expliquer. Très à l’aise, un téléphone à l’oreille ou une valise en équilibre à l’avant de leur vélo, ils doublent en nous frôlant, prennent les virages les plus serrés sans ralentir, font retentir leur sonnette pour nous garder en alerte.

Pendant ce temps-là, on va le plus droit qu’on peut en essayant de conserver notre équilibre, on n’arrive pas à traverser les rues autrement qu’en deux temps, on se retrouve soudainement à contre-sens sur une piste cyclable alors qu’on était correctes deux secondes auparavant, et les arrêts se font souvent à la force des pieds, toutes semelles fumantes. Ils sont élégants et libres, on essaye tant bien que mal de le paraître aussi.

Attentives à pieds

Ne vous y trompez pas, à pieds aussi il faut être vigilant. Lors de notre première excursion en ville, on a fait l’erreur de croire qu’on était prioritaires en tant que piéton. On a aussitôt manqué de se faire couper en deux par un vélo. C’est là qu’on a appris que les cyclistes avaient priorité sur tout. Alors, si on se remet dans le contexte: nous sommes deux touristes parmi d’autres errant dans une ville nouvelle, où aucune rue n’est droite, entourées de 500.000 cyclistes journaliers expérimentés et déclarés rois, au milieu de la circulation automobile relative aux capitales, agrémentée de lignes de tramway.

Vous comprendrez donc que par deux fois, on ait pu assister à un presque-accident. On a aussi été témoins d’une rencontre frontale piéton-cycliste plutôt brutale due au manque de vigilance du piéton qui s’est engagé sur le passage sans vérifier si la voie était libre. Prenez garde quand vous traversez, ils ont la sonnette facile à Amsterdam et ne ralentissent pas. Et surtout évidemment, ne jamais, jamais utiliser la piste cyclable en tant que piéton.

Un programme spontané

Plutôt que de se plier à un horaire précis (qui ne nous aurait de toute manière pas permis de tout voir), on a accepté de se perdre et de se laisser guider par le Routard, en rejoignant les points d’intérêts se trouvant autour de nous. Cette formule nous a permis d’expérimenter une partie de la vie locale et de découvrir la ville, tout en prenant notre temps, en profitant du moment et du fait d’être ensemble.

Voici un aperçu de ce qu’on a essayé/découvert durant ces quelques jours, perdues dans Amsterdam :

  • Aller boire un verre dans un bar de l’ancienne usine à gaz Westergasfabriek dans Westerpark
  • Visiter le marché aux fleurs flottant Bloemenmarket et surtout la toute dernière boutique (la plus proche de Vijzelstraat)
  • Goûter les cookies aux chocolats de Van Stapele. Vous ne pourrez pas vous tromper, la boutique ne vend qu’une seule sorte de biscuit.
  • Se perde dans la grande boutique d’antiquités Prinsheerlijk Antiek
  • Pour l’expérience, goûter un hareng frais au stand Frens Haringhandel. On n’a pas osé le commander nature, on a préféré la jouer safe avec des sandwichs, et encore, moi j’ai choisi le maquereau… #pascourageuse
  • Si vous n’oubliez pas vos maillots comme nous, se baigner dans le canal au cœur du quartier Entrepotdok (un ponton aménagé est situé au Entrepotdok 15, 1013 EX)
  • Faire une affaire chez Episode (friperie)
  • Rendre visite à Dan chez Custom Tattoo. Vous pouvez prendre rendez-vous avec lui les yeux fermés, on valide deux fois !
  • Visiter le Musée Moco. On y a été pour l’exposition de Banksy, mais la maison en elle-même vaut une petite visite.
  • Se faire piercer par Edmond chez Bodycult (Warmoesstraat 101, 1012 HZ) (validé deux fois aussi)
  • Faire un arrêt culinaire en terrasse au Café Fonteyn : combo sardines-gouda-cornichons gagnant de fin d’après-midi
  • Savourer la brioche maison de Vinnies lors d’un brunch santé
  • Se balader en vélo du côté des Docks et poursuivre avec une baignade sur l’île de Java-eiland (proche de l’arrêt de tramway Amsterdam, Azartplein)
  • Visiter l’exposition du Studio Drift au Stedelijk Museum, le musée d’art contemporain.

Les Coffee shops

Ce serait vous mentir que de dire qu’on ne s’est pas intéressées aux Coffee Shops. Naïvement peut-être, nous nous attendions à quelque chose … de traditionnel. Des espaces restreints, discrets, à l’atmosphère chargée et aux lumières tamisées. Quelque chose comme un monde calfeutré, interdit et surtout unique. Premier coffee, première déception d’une longue série ponctuée à chaque coin de rue. En réalité, un coffee shop est un commerce comme un autre où on peux acheter de la weed et la fumer. Point. Certains s’offrent tout de même une thématique mais rien de fou. Bon, on n’est pas parti en pèlerinage à la recherche de la perle rare non plus, mais en règle générale, on peut dire que l’expérience d’entrer dans un coffee est assez naze. Le reste étant fonction de la qualité de vos achats sur place.

Par hasard et de justesse, nous sommes tout de même tombées sur un coffee plutôt cozy. C’est Barry White qui nous a soufflé d’entrer jeter un coup d’œil. Lumière douce et diffuse, musique séduisante, canapés moelleux et ambiance détendue, on a décidé de donner une chance à l’endroit. On explique ce qu’on recherche à l’expert répond avoir exactement ce qu’il nous faut. Je ne rentrerai pas dans les détails du moment mais nous y avons passé une excellente partie de soirée (The Store, Singel 14, 1013 GA).

The Red Light District

Considéré comme « un passage obligé » aux Pays-Bas, on a aussi fait un tour dans le Quartier Rouge. Là encore, ingénues et sans malice, nous étions prêtes à observer la beauté d’un lieu arrêté dans le temps et dans l’espace. C’est avec désenchantement que j’ai constaté que des néons furieux remplaçaient les lanternes rouges de mon imagination. Le coeur m’a serré quand j’ai aperçu les premières filles. C’est le comportement des gens qui m’a dérangé. Ceux qui rient et qui challengent à travers les vitres. Ceux qui font minent de faire leur courses. Les groupes de touristes mélangeant adolescents et 3ème âges. L’ambiance « zoo » nous a vite fait fuir. C’est pourtant un quartier qui pourrait avoir beaucoup à offrir mais la foule de curieux et d’indisciplinés qu’il attire à la nuit tombée a rapidement rendu l’expérience dérangeante.

Ces petits détails importants

  • Les Pays-Bas sont un royaume. La Hollande est une province.
  • On appellent les habitants d’Amsterdam les Amstellodamois.
  • Si on vous perd votre valise et que vous avez (par exemple) besoin d’acheter des sous-vêtements et produits de première nécessité pour les prochaines 24 heures, sachez que plusieurs magasins se trouvent juste après la zone d’arrivée réservée aux voyageurs dans l’aéroport.
  • On rejoint très facilement et très vite le centre-ville d’Amsterdam depuis l’aéroport par le train pour moins de 10 euros.
  • Prévoyez des données Internet pour vous repérer une fois perdu dans la ville. Et prenez en photo le nom de la rue où vous stationnez vos vélos. Best solution ever !
  • Il n’existe pas de volet sur les fenêtres et la fenestration est très imposante. La raison ici. Prévoyez un cache-oeil si vous ne souhaitez pas vous faire réveiller par la lumière du jour.
  • Les pistes cyclables sont rarement à double-sens, elles sont généralement de chaque côté de la route et vont dans le même sens que la circulation. Attention à utiliser la bonne, les locaux ont peu de patience à vélo. En gros, si vous voyez arriver des vélos face à vous, c’est que vous vous êtes trompés et qu’il faut traverser.
  • Il est interdit de rouler à deux de front sur une piste cyclable.
  • Les scooters sont autorisés sur les pistes cyclables. Les mini-voiture sans permis aussi. Ça fait du monde dans le même espace.
  • Les vélos ont priorité sur tout (sauf le tramway). N’essayez pas de traverser à un passage piéton devant un vélo en pensant qu’il va ralentir, surtout pas.
  • Les restaurants ouvrent tard et ferment tôt. Cela dit, on a trouvé que le niveau gastronomique était vraiment bas… On a souvent trouvé très fade ce qu’on commandait.
  • Il est interdit de fumer de la weed ailleurs que dans les Coffee Shops ou chez soi. Bien sûr, ce n’est pas parce que c’est interdit que personne ne le fait, mais c’est à vos risques et périls.
  • Il est interdit de fumer du tabac dans les Coffee Shops. On y fume déjà de la drogue, faut pas pousser non plus.
  • Au retour, essayez les frites du comptoir Léon de l’aéroport avant de remonter dans l’avion. Comme pour nous, ça vous réconfortera peut-être un peu de devoir quitter la belle Amsterdam…
C’est une vérité : on ne voyage jamais autour de chez soi. On se dit qu’on a le temps, qu’on fera ça plus tard. Et finalement, on ne prend pas le temps. Il aura fallu que je m’expatrie au Canada pour ressentir le désir profond de visiter l’Europe de fond en comble. Je profite donc maintenant de mes visites annuelles sur le vieux continent pour consacrer quelques jours à la découverte d’un nouveau coin. Après l’Italie en 2017, c’était au tour des Pays-Bas de me surprendre. Si vous avez des conseils pour l’année prochaine, je suis preneuse !

Bon voyage !

 

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