" Tout ce qu'il te reste à faire, c'est de décider de partir."

Surfer en remote à El Pescadero, BCS

Couper l’hiver en deux

En 2018, on avait choisi le Costa Rica pour surfer, puis en 2019, la Guadeloupe. Cette année, c’est au Mexique qu’on s’est envolé pour prendre une petite pause de l’hiver canadien, et plus précisément en Basse Californie du Sud. On a choisi cette destination pour trois raisons : on n’a jamais mis un pied dans ce pays, il y aurait de bons spots de surf et le billet d’avion ne coûte pas une fortune.

Après une escale nocturne à Mexico City, on monte dans un autre avion pour San José del Cabo : impossible de se rendre là-bas depuis Montréal one shot. En atterrissant à 8h30 le matin, on profite d’un timing parfait pour enchaîner avec les deux autres bus qui nous mènerons à notre destination finale : deux heures et demie plus tard, on arrive à El Pescadero. Il est 15h30 quand Bill (notre hôte Airbnb) nous récupère au bord de la voie rapide pour nous emmener là ou on prendra nos habitudes pendant huit jours.

Au volant de sa Pontiac poussiéreuse (on s’apercevra vite que c’est la norme), Bill nous conduit à travers un paysage désertique saupoudré de cactus. La notion des distances est difficile à percevoir. Le désert s’étire jusqu’à se retrouver stoppé net dans sa course par une chaîne de montagnes hypnotiques. Une fois les lieux rapidement repérés, on part s’équiper chez Costa Azul, un des surfshops du coin. Après cette vingtaine d’heures de voyage, il nous tarde d’aller tester les vagues ce soir !

La planche de surf sous le bras à El Pescadero, par Côté Hublot

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S’essayer à la vie de digital nomad

Ou tout au moins s’en rapprocher ! Après négociations avec nos employeurs respectifs, cette semaine, on s’essaye au télé-travail pour concilier job et plaisir. Le programme journalier est simple : surf au lever du soleil, travail à distance, surf au coucher du soleil, travail à distance. Après quelques jours déjà, on se rend compte que c’est un rythme finalement plutôt soutenu, mais on l’a choisi.

Même à raison de quatre heures en moyenne de surf par jour, je ne me rapproche pas du titre de surfeuse pro, loin de là. J’ai cependant (heureusement) constaté une nette amélioration de mes paddle et take-off dont je ne suis pas peu fière. Épaules et dos demandent du repos et sont bien contents quand ça s’arrête.

Surfer sur les vagyes d'El Cerritos Beach, par Côté HUblot

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Avant de partir, on nous avait prévenu que ce serait difficile de bouger sans voiture. Une fois sur place, on a bien constaté la chose, surtout de El Pescadero, notre village situé a déjà vingt minutes en voiture de la route principale, là où les bus passent une fois par heure. On a pu avoir un aperçu des villes environnantes lorsque Billy nous conduisait pour faire notre épicerie ou retirer de l’argent. Sincèrement, ce n’est pas impossible de se balader sans voiture, mais ça demande un peu plus d’organisation (surtout quand on veut passer le plus de temps possible à surfer). Parce qu’on n’aurait de toute façon pas trouvé le temps de partir en excursion entre la job et les vagues, on a décidé de remettre la visite de la région à notre prochain voyage.

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Se laisser vivre avec gratitude

Au lever comme au coucher du soleil, il y a peu de surfeurs dans l’eau et on a la chance d’observer les plus belles lumières du soleil. Une autre particularité de cette plage à l’Ouest de la péninsule, c’est qu’en cette saison (février), les baleines grises migrent ici pour la période de reproduction. Cadeau de Mère Nature, leurs acrobaties éclaboussent l’horizon devant nos yeux. À ce moment-là, les vagues n’ont plus d’importance, on admire juste le spectacle sur fond de ciel couleur feu. Lors d’une autre session, on a même eu la surprise de se retrouver à une dizaine de mètres de deux d’entre elles. On n’a pas fait les malins et on a ramé un peu plus loin pour ne pas les déranger, mais encore une fois, on s’est laissé le temps d’assister à cette représentation marine.

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Choisir le Mexique (pas que pour surfer)

El Pescadero est un village où tout le monde se salue, les yeux dans les yeux et où le swell semble toujours au rendez-vous. On a rencontré beaucoup d’Américains qui ont investis dans l’immobilier et dont le business consiste à louer leurs appartements aux touristes. La plage de Cerritos est l’attrait principal du coin, et les surfeurs locaux sont nombreux. D’après eux, les conditions sont bonnes toute l’année, et notre séjour ne peut pas leur donner tort. En hiver, il y a aussi beaucoup de randonnées à faire dans la Sierra de la Laguna, nouvellement classée réserve de biosphère mondiale par l’Unesco.

On n’a pas loué de voiture pour nos trajets depuis et vers l’aéroport parce qu’on préférait utiliser les transports en commun. Ça prend plus de temps et d’organisation mais on considère que c’est un plus dans la découverte du pays et de ses habitudes. On a rien à dire sur le réseau principal qui rempli toutes ses promesses et on a trouvé que le réseau secondaire était quand même correct (un bus par heure du côté de Todos Santos, s’il accepte de s’arrêter sur le bas côté de la route).

El Cerritos Beach, spot de surf, par Côté Hublot

S’intéresser

Pour en revenir à notre expérience, on a beaucoup apprécié la bienveillance et la convivialité des Mexicains qu’on a rencontrés, même si les occasions furent rares puisqu’ils sont peu à rester aux mêmes places que les touristes pour des questions de coûts. Comme pour tout voyage, c’est d’ailleurs intéressant de se renseigner sur les conditions économiques du pays avant de s’y rendre pour comprendre le mode de vie local et s’y adapter.

Par exemple, on nous a expliqué que, puisqu’il n’y a pas de service postal dans tout le pays, peu de Mexicains paient des impôts car impossible à joindre. L’état qui a le monopole de la vente de l’essence affiche donc un prix très élevé à la pompe, ce qui a pour conséquence que tout le monde ne peut pas s’offrir de carburant pour une voiture dans un pays où le salaire minimal journalier est de 102,68 pesos mexicains, soit 7,34$CAD…

La plupart des gens utilisent donc les transports en commun en hélant les bus au bord des routes, qui ont l’habitude de s’arrêter brusquement sur le bas côté pour les faire monter. C’était surprenant pour nous au début, puis on s’y est mis aussi.

Se faire sa propre idée

Gastronomiquement, on a évidemment été comblés par les saveurs des cantines locales dans lesquelles on s’est arrêtées. On a découvert la cuisine mexicaine, la vraie ! Les tacos d’avocat frit sont devenus ma nouvelle passion. Et au niveau de la sécurité, cette région est l’une des plus sûres du pays selon les Mexicains eux-mêmes et, en me basant sur mon expérience, je ne peux pas les faire mentir. On n’est à l’abri du vol nulle part dans le monde, mais on ne s’est jamais sentis en danger autour d’El Pescadero.

Si le cœur t’en dit, toi aussi pars à la découverte de cette région du Mexique (en évitant San José de Cabo et Cabo San Lucas qui sont des grosses villes américanisées), et reviens-moi avec tes coups de cœur pour notre prochaine visite ! Et si tu as des bons plans pour surfer à travers le monde, laisse aussi un commentaire !

Surfer jusqu'à la nuit à El Pescadero, par Côté Hublot

La galerie photo de notre séjour ici

1 commentaire

  • Paulette

    HUmmmm ça donne des bonnes idées… merci du partage

    16 juillet 2020 12 h 01 min

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