Voyage au Costa Rica
VRAI & FAUX

Ca va maintenant faire trois semaines qu’on est rentrés du Costa Rica, on peine encore à s’en remettre. Ce fût un voyage extraordinaire pour toutes sortes de raisons.

D’abord la beauté et la richesse de sa nature ! Ses forêts luxuriantes immenses comme ses plaines vallonnées nous ont fait rêver. Ensuite sa faune évidemment. La nature ne se contrôlant pas, nous ne partions pas dans l’esprit de rencontrer beaucoup d’animaux. C’est donc avec plaisir qu’on a croisé le chemin de certains d’entre eux. Nous avons ainsi pu observer dans leur habitat naturel singes hurleurs, singes araignées, singes à face blanche, coatis, racoons, colibris, blue-capped motmot, pic vert, iguanes et ctenosaura. Pas de Quetzal pour cette fois, peut-être que la prochaine sera la bonne !

Mais vous raconter que le Costa Rica est d’une beauté incroyable ne vous surprendra pas, c’est un fait plutôt connu. Cependant, nous nous sommes rendu compte une fois sur place que nous avions apporté dans nos backpacks plusieurs fausses idées forgées d’après les dires du Grand Internet. Des « on dit » qui nous auraient presque fait choisir une destination « moins compliquée » si on avait eu moins de ténacité.

Je trouve important de démentir ces idées, ou du moins donner mon point de vue, parce qu’il serait vraiment dommage d’éliminer le Costa Rica comme destination pour de « faux problèmes ». Alors peut-être qu’on aura eu beaucoup de chance pendant notre séjour (ceux qui nous connaissent savent que ce n’est pourtant pas notre première qualité en voyage), mais c’est le reflet véridique de notre expérience. Voici les points noirs dont je parle, les premiers que l’on rencontre sur Internet lorsqu’on commence à s’intéresser au pays.

 

Que ses routes sont dans un état lamentable et à la limite de la dangerosité. 

– VRAI et FAUX –

Oui, la plupart des routes sont des pistes faites de poussières et de cailloux, on ne va pas se mentir. Par contre, nous c’est ce qu’on a préféré (!) alors on a même cherché à rouler presque exclusivement dessus et on a prolongé la location de notre 4×4 pour faire durer le plaisir.

Ce sont des routes où on ne roule pas à plus de 30km/h en raison de l’inexistence du revêtement et des gigantesques nids-de-poule qui surgissent parfois de nulle part pour tester attention et réflexion. Il faut effectivement user de stratégie pour savoir où passer et éviter un maximum d’être secoué ou de coincer une pierre entre la carrosserie et la roue. Certains sont évitables, d’autres non mais d’un point de vue général, lorsqu’on croise des nids-de-poule, ils sont assez impressionnants.

Mais il existe également un réseau de routes goudronnées et celles-ci sont en bien meilleur état que les routes du Québec par exemple… La Carretera Interamericana est la seule autoroute du Costa Rica mais elle le traverse entièrement. Nous, on s’est pas mal emm**dés à rouler dessus alors on la quittée dès qu’on a pu mais elle a le mérite d’exister. Bien qu’on ai choisi d’éviter les routes revêtues, elles constituent environ 70% de celles sur lesquelles on a roulées.

En résumé, quand les routes sont revêtues, elles sont en excellent état. On envierait presque leur qualité. Mais lorsqu’on passe sur de la piste, aucun doute n’est permis, le changement est drastique. D’une manière générale, la troisième a également rarement eu sa chance se briller en raison de l’inclinaison parfois impressionnante de la route, revêtue ou non.

Pour notre part, on a trouvé que la diversité des routes rendait les déplacements intéressants d’autant que ces petites routes offrent de superbes points de vue et permettent de traverser de nombreux villages. Moi qui angoissais un peu à l’idée de devoir conduire là-bas, j’ai eu du mal à passer le volant.

(À propos des traversées de rivières, voir le point de la saison des pluies ci-bas)

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Qu’il est fortement déconseillé de conduire la nuit sous risque d’accident et que, de par le fait, il faut bien prévoir ses déplacements.

– PLUTÔT VRAI, CEPENDANT … –

En dehors des villes, on n’a effectivement que très très rarement constaté que les routes étaient équipées de système d’éclairage. La noirceur complète ajoutée aux conditions de conduite sur piste n’offre pas une situation des plus favorables à la conduite. Mais avec beaucoup de prudence et une vitesse encore plus réduite, faire quelques kilomètres pour se déplacer est une option envisageable. Nous avons conduit de nuit certains soirs mais sommes restés proches de la ville et n’avons pas pris le risque de faire de longues distances. En plus d’être stressante, la route aurait été interminable.

D’après notre expérience, ce qui rend surtout la conduite dangereuse c’est la vitesse à laquelle roule les locaux en motos. Ils sont très nombreux à utiliser un deux-roues. Apparement, 2/3 du parc automobiles serait constitué des 4×4 quand le dernier tiers représente les motos. Connaissant les pistes par coeur, ils ont tendance à beaucoup couper les virages.

Et oui il faut aussi noter que rouler au Costa Rica se résume bien souvent à anticiper le prochain virage. Les lignes droites sont très peu présentes et très courtes quand elles se présentent. La sinuosité des routes augmente donc considérablement les probabilités d’accidents.

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Que les loueurs de voiture sont des voleurs.

– FAUX (EN CE QUI NOUS CONCERNE) –

Je ne pourrais pas faire de généralité sur ce point-ci mais seulement partager notre propre expérience. Nous sommes passés par le site ToutCostaRica.fr pour faire établir plusieurs devis auprès de ses fournisseurs. Initialement demandée pour 3 jours, Pierre a été très honnête avec moi et m’a dit qu’aucun loueur n’acceptait de partir une location pour moins de 5 jours (ou alors à un prix déraisonnable). La requête allongée de 2 jours, Pierre a réussi à me trouver une soumission bien inférieure à celles que j’avais récoltées en passante en direct avec plusieurs compagnies.

Nous avons donc traité avec la société Alamo dès notre arrivée à l’aéroport de San José. Il était initialement prévu que nous ne prenions pas l’assurance Collisions et Dommages car déjà couverte avec ma carte AMEX. J’avais tout un dossier de preuves avec moi et m’était préparée à argumenter avec le méchant loueur pour ne pas qu’il essaye par tous les moyens de me vendre son assurance, comme je l’avais beaucoup lu sur Internet. Préparation inutile car l’homme n’a même pas jugé nécessaire de jeter un oeil à mon justificatif d’assurance… En plus de ça, le bougre nous a surclassé ! Imaginez mon étonnement… D’autant que nous avons eu un service impeccable avec entre autre un excellent GPS et une récupération gratuite du véhicule à notre hôtel. On ne pouvait rien demander de plus.

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Que les Costaricains sont malhonnêtes avec les touristes.

– FAUX –

Du loueur de voiture qui nous a surclassé au chauffeur de taxi qui nous a raccompagné gratuitement à l’aéroport pour repartir à Montréal, nous n’avons rencontré que des gens sympathiques et généreux en conseils. J’ai beau réfléchir, ne me reviennent que des flashs des conversations sympathiques associées à des visages bienveillants.

On m’avait dit de me méfier, qu’il arrivait souvent par exemple qu’on fasse en sorte qu’un de vos pneu crève et qu’un attroupement de personnes « aidantes » se forme pour vous piquer le contenu du véhicule. Qu’il ne fallait jamais laisser d’affaires dans la voiture même dans des parkings surveillés. Qu’il ne fallait pas laisser la voiture garée plusieurs jours de suite au même endroit. Ce genre de conseils qui laisse penser que la criminalité est un sport national.

J’ai lu tellement de récits du genre et entendu tellement de « moi je me suis fais voler ci » que j’ai fini par en faire une généralité et encore une fois, partir méfiante. Étant donné qu’on voyageait selon un itinéraire et étions donc en transit, nous avions toutes affaires avec nous dans la voiture durant les 4 premières journées. On quittait un hôtel le matin avec toutes nos choses pour faire plusieurs stops sur la route avant de check-in dans un autre hôtel pour la nuit. Entre chaque nuitée, on visitait donc une réserve ou parc ce qui impliquait de laisser la voiture stationnée avec nos backpacks dans le coffre. Et parce que les loueurs de voiture se sont rendus compte qu’en retirant la plage-arrière de leur véhicule, le taux de vandalisme avait baissé de 90%, nos sacs étaient biens visibles. Juste de quoi finir de m’angoisser en fait.

Évidemment s’il y avait une seule chose à retenir mais valable dans tous les pays du monde ce serait de ne jamais laisser ses papiers d’identité et ses appareils électroniques dans le véhicule. Fait qu’on a pris que ça, tenté de camoufler nos sacs avec une serviette noire, payé le parking surveillé avec notre plus beau sourire et prié Hermès, dieu des voyageurs, pour que tout soit à sa place à notre retour. Sur-inquiétude inutile une fois encore… En prenant les précautions minimales, tout s’est toujours bien passé.

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Qu’il faut AB-SO-LU-MENT éviter la saison des pluies.

– FAUX SELON LES LOCAUX –

En forêt ou en plaine, peu importe où on posait les yeux, la flore y était somptueuse. La hauteur des arbres ne semblait pas avoir de limite, leur capacité à supporter leur feuillage non plus. Pour nous qui vivons au Québec où il existe tout de même de grands beaux espaces préservés, c’était quand même comme pénétrer dans un monde végétal merveilleux et sans fin. Du vert à ne plus savoir qu’en faire. Les locaux nous ont cependant expliqués que ce sur quoi nous nous émerveillons n’était qu’un tiers de ce que le Costa Rica a à offrir en saison de pluie. Que la nature y est décuplée à cette période de l’année et que dans certaines parties côtières du pays, la pluie tombe principalement durant la nuit.

Nous n’avons pas pu en faire l’expérience en ce mois de Février mais de la manière dont le conseil nous a été vendu par les locaux, et considérant que les prix sont moins élevés pendant la saison des pluies, on envisage la possibilité de revenir à cette période. Par contre, il est possible que ce qui freine les touristes itinérants comme nous ce soit la crue des rivières qu’il faut parfois traverser en 4×4 car nombreuses sont celles qui ne disposent pas de pont.

Nous en avons traversé une dizaine pendant notre séjour. Beaucoup d’entre elles n’étaient que le lit d’un cours d’eau mais quelques unes nous ont tout de même fait hésiter quelques minutes… Il existe des techniques et des conseils à respecter pour ça. On en avait retenus quelques uns comme vérifier la profondeur, le courant, franchir là où le niveau de l’eau est le plus bas, ne pas traverser si l’eau arrive plus haut que la jointure des portes ou du pot d’échappement, ce genre de choses… On a réussi à toutes les traverser mais justement parce qu’on était en saison sèche et qu’aucune pluie torrentielle n’avait fait monter le niveau de l’eau ni accélérer le courant. Si on s’était retrouvé face à un cours d’eau plus challengeant, pas certains qu’on aurait pris le risque de voir Maurice emporté par les eaux… Selon les locaux, la meilleure solution dans ce cas là c’est de faire demi-tour pour emprunter une autre route (et là tu perds ta journée parce que les détours coûtent cher en temps) ou tu attends que le niveau de l’eau baisse. Pura vida.

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Qu’on y mange mal.

– FAUX  –

La découverte d’un pays passe aussi par sa cuisine. On a donc commandé plat traditionnel après plat traditionnel quand on mangeait dehors et on a jamais été déçu, au contraire ! Que ce soit au restaurant ou dans des sodas, on s’est plutôt régalés.

Et puis quand il s’agissait de cuisiner nous-mêmes, on a vraiment pris beaucoup de plaisir à manger des légumes et des fruits « goût compris ». Genre, j’ai compris que je n’avais jamais vraiment goûté à un avocat avant de découvrir ceux qui poussent là bas. Et ça a été pareil pour les pastèques, les tomates, les bananes, les kiwis, etc. Un festival d’explosions de saveurs. Alors non, qu’on ne vienne pas me dire que la bouffe costaricaine n’est pas bonne. Avec une matière première comme celle-là, ça relève de l’impossible.

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Que la vie est chère.

– VRAI  –

Alors ça oui par contre. D’autant plus quand on débarque avec des dollars canadiens en poche… En dépensant économiquement, sans aller en auberge de jeunesse mais en choisissant des hôtels premiers prix, et en faisant des courses pour ne pas aller manger dehors tous les jours, on a dépensé environ 1200$CAD/personne pour 10 jours (hors billet d’avion). Oui, c’est bien un des pays les plus chers d’Amérique Centrale, c’est confirmé.

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D’un point de vue général, on trouve que les avertissements qu’on a rencontrés sur Internet lors de la préparation de notre voyage étaient trop alarmants. Ils ont activés chez nous beaucoup de signaux d’alarmes et nous ont presque rendus méfiants de tout avant de partir. C’est dommage parce qu’on était finalement sans le vouloir un peu trop sur le qui-vive lors de nos premiers jours sur place, à anticiper des problèmes qui n’avaient pas tant de probabilité d’arriver. Oui, comme partout il faut savoir que certains dangers existent mais je regrette de m’être fait comme idée que le Costa Rica puisse être une destination touristico-dangereuse.

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Pour finir, voici quelques petites anecdotes rapportées dans nos valises :

  • Il existe 3 types de visas pour s’établir au Costa Rica : investisseur, rentier et retraité. Dans tous les cas il faut prouver avoir gagné 2.500,00 $ US  par personne et par mois pendant les deux années précédant sa demande. Le visa touriste dure 3 mois. On s’est un peu renseignés.
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  • Le Costa Rica compte 3600 tremblements de terre par an soit presque 10 en moyenne par jour. Si l’un d’entre eux venait à tout faire secouer, il faudrait quitter la plage au plus vite et partir se réfugier en hauteur dans les montagnes au cas où un tsunami se produirait.
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  • Le pays n’a pas d’armée militaire et investi donc beaucoup pour l’enseignement d’où la présence de nombreuses écoles, même dans les coins les plus reculés.
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  • Si vous joignez les deux parties externes d’un billet colon-costaricain dans la longueur, vous observerez un dessin différent sur chacun d’eux. Merci au serveur du Soda Mima pour ce trick.
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  • On a eu l’impression qu’il y avait comme 3 chiens pour 1 Costaricain tellement ils sont nombreux à se balader en liberté absolument partout. On a réussi à en croiser plusieurs sur la route dans des coins complètement perdus. Ils n’ont absolument pas peur des voitures et peuvent traverser devant au dernier moment sans se presser. Oui c’est un peu dangereux…
    Ils accompagnent leur maitre partout, c’est à la fois intriguant et drôle de voir comme ils attendent le bus pour aller à l’école avec les enfants puis semblent reprendre le chemin de la maison ensuite. On a vu aussi beaucoup de chiens attendre tranquillement sur la plage les yeux rivés sur leur maitre en train de surfer.
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  • “Pura vida” est plus qu’une expression au Costa Rica, c’est un véritable mode de vie. Les Costaricains savent prendre le temps de profiter de la vie et de tirer partie de la nature qui les entoure. Durant ces quelques jours, on les a rejoint là dessus.
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