Se frotter au Mont Albert …
Plus besoin du réveil simulateur d’aube quand on dors en tente. Il est 6h15 quand j’ouvre les yeux. Je nous laisse jusqu’à 7h00 avant de lancer de festival de la fermeture éclair. Trois jours qu’on a pas pu prendre de douche, je l’attends avec impatience celle-là… Surtout après la randonnée du Pic de l’Aube d’hier.
Ce matin, on se prépare tôt aussi parce qu’on a une grosse randonnée au programme ! Il est 9h30 quand on foule les premiers mètres du sentier du Tour-du-Mont-Albert, un itinéraire long de dix-sept kilomètres pour huit cents soixante-dix mètres de dénivelé. Si tout se passe bien, on devrait parcourir le tout en huit heures environ. Le niveau annoncé est « Expert », la difficulté résiderait dans son dénivelé et sa longueur. On se lance et, rapidement, on obtient la confirmation qu’elle n’est effectivement pas accessible à tout le monde…

Les chemins sont superbes. Petit à petit, le relief environnant se dessine à travers les arbres. Il nous faut « seulement » deux heures et demie pour atteindre le sommet. Deux heures et demie à suer, respirer comme des boeufs et prier pour que la grimpe termine, mais on y arrive. Déjà six kilomètres de rentrés sur dix sept ! Nous sommes à près de mille mètres d’altitude, et le Massif des Chic Chocs et ses lacs d’altitude se déploient encore une fois devant nos yeux.
Après une heure de pause lunch, on se met en conditions pour repartir, bien contents de ne pas repasser par le même chemin qu’à l’aller. C’était quand même pas mal difficile en montée, on n’aurait pas aimé la refaire dans le sens de la pente. L’esprit logique, on se dit aussi que maintenant c’est que de la descente, alors que le plus dur est derrière nous. Très vite, on regrette d’avoir pensé ça.

… et reconnaître ses limites
Cette partie de la montagne est absolument superbe. On a quitté les forêts de conifères pour errer sur un grand plateau, avant de descendre un flanc rocailleux. Mais à pic le flanc… Les pierres roulent, la pente est franche, il faut faire attention où on met les pieds. Ça nous prend presque une heure pour faire un kilomètre et on n’a pourtant pas l’impression de faiblir ! C’est beau, c’est très beau mais c’est encore plus demandant que l’ascension. On poursuit en contre-bas de cette vallée rocheuse sur quelques kilomètres encore. Au compteur, trois kilomètres en deux heures et plus beaucoup d’eau dans nos gourdes.


Le paysage est tellement changeant qu’on aura l’impression de visiter plusieurs pays durant les neuf kilomètres restants. On ne s’attendait pas à autant de diversité en Gaspésie, tu serais surpris ! D’épaisses plaques de neige sont encore visibles sur les hauteurs. Des odeurs enivrantes nous parviennent aux narines au gré de la brise. On est ravis d’être ici et un peu épuisés aussi, mais il va falloir boucler la boucle avant de se reposer.
On atteint la ligne d’arrivée à 18h00 pile. Il nous aura donc fallu huit heures et demie + une heure de pause au sommet pour faire le Tour-du-Mont-Albert. On est pas mal fiers de nous ! On avait lu que cette randonnée était à faire au moins une fois dans sa vie et on te le confirme ! Ce soir, affalés au coin du feu, nos jambes flagellent de fatigue et nos pieds sont souffrants. Demain, il pleut. On était supposés randonner dans le Parc du Forillon mais entre la météo et les courbatures qui s’annoncent, on cherche encore notre programme…
