Le temps ne s’écoule que dans un sens

Loin du partage d’expérience, ce billet transmet ma manière de voir la vie et le temps. Il permet de comprendre ce qui m’a amené à devenir celle que je suis aujourd’hui, sans détour et avec honnêteté. C’est un texte très personnel qui ne se veut pas être une règle établie.

De l’avant…

Ça n’arrive pas qu’aux autres

J’ai trente ans et la mort a déjà trop souvent pris ses aises dans mon salon. Je le connais ce moment où tout bascule. Ce bourdonnement sourd qui suit l’annonce, ce poids qui s’installe au fond de la gorge. Les questions silencieuses qui vacillent dans l’esprit sans volonté d’obtenir réponse.

Et le temps qui s’arrête.
Et les autres qui continuent à vivre. Inconscients irrévérencieux. Comme si rien ne s’était passé.

Chaque fois, on y laisse des morceaux.

On aurait beau lutter, l’être humain est ainsi fait qu’il est capable de traverser les moments les plus difficiles. Ceux qu’il pensait insurmontables aussi. Il n’existe pas de règle concernant les délais. On reprend juste soudainement conscience dans un monde qui a injustement continué de tourner. Le mode automatique semble fonctionner depuis quelque temps, alors on continue à se laisser porter. La raison de notre existence, elle, n’est toujours pas plus claire.

Éventuellement, un jour on fera le choix de reprendre le contrôle, mais pour le moment, rien n’a vraiment d’importance. La joie et l’amour glisse sur la peau quand la colère, l’angoisse et la tristesse se terrent très profond dans le coeur. Si loin qu’elles s’y lovent des années sans un bruit.

Faire un choix

Peut-être qu’un jour ces émotions se réveillent. Pas toutes en même temps, pas toujours complètement. Peut-être aussi qu’elles se figent pour devenir fossiles silencieux.

Puis un jour, on se retrouve à devoir faire un choix : poursuivre les yeux bandés dans ce sillon, avenir ennuyant mais pas demandant, ou bien reprendre les rênes. Il semblerait que j’ai choisi le second. Je me trouve les yeux bien trop ouverts parfois.

Depuis, j’observe tout avec beaucoup plus de distance. Je saisis la fragilité d’un moment, d’une relation et d’une existence. Certaines choses ont gagné en valeur à mes yeux, quand d’autres ont perdu leur importance. Sans vraiment le décider donc, mes priorités ont changées.

On dresse la liste et on fait du tri! Il est question de ne plus gaspiller inutilement ni temps, ni énergie. Et par inutilement, j’entends que tout ce qui n’est que superficiel n’a plus de raison de trop exister dans ma vie. On laisse place à l’essentiel : des relations saines et sincères, la réalisation de mes envies et le rapprochement de mon mode de vie à mes valeurs.

Atterrir dans un monde parallèle

Mais c’est un cheminement perturbant quand autour de soi, les autres sont restés centrés sur les problèmes du quotidien. En ayant été aux deux places, on peut saisir ce clivage vertigineux. On jalouse en même temps que d’éprouver de l’affection pour ceux épargnés par ce tremblement de terre. On se sent par contre comme à part. Mais au final, c’est simplement une question de perspectives. Alors on apprend à vivre en décalé.

D’ici, on observe rapidement à quel point bon nombre de gens s’appliquent à fabriquer leur propre malheur. Et ceux qui se plaignent à longueur de journée sont généralement ceux qui en ont le moins de raisons.

Peu de problèmes n’ont pas de solution. Il s’agit de ce qui n’est pas réversible, rien d’autre. Je m’applique maintenant à me tenir loin de ceux qui préfèrent s’épancher sur leurs malheurs plutôt que de prendre conscience qu’il existe toujours plus malheureux qu’eux. Loin des bouches au jugement abrupt. À distance de ceux qui perdent leur temps.

… vers l’après.

Revivre, mais autrement

Un jour, on se recalibre. On se concentre sur ce qui importe. Et puis au bout d’un moment, on aime la vie plus fort et plus grand. Parce que c’est ça ou rien, la demi-mesure n’existe plus.

En tout cas, c’est ce qui m’est arrivé. J’ai compris que le temps de n’écoule que dans un sens et qu’il s’égrainera, quoi qu’il arrive. C’est une richesse qui se consume sans jamais pouvoir être récupérée. Ce n’est pas évident à intégrer quand la vie ne nous fait pas un croche-patte.

Définir sa propre manière

De mon côté, j’ai décidé de me concentrer sur mes envies et les manières de les réaliser. Je vois tout à court-moyen terme. On a tous une date de fin et il n’y a rien que l’on puisse faire. C’est pourquoi je préfère prendre les devants et profiter d’avoir le contrôle pour exister dans le temps qui m’est alloué.

Bien sûr il m’arrive encore de broyer du noir pour une contrariété ou de m’énerver pour des choses qui n’en valent vraiment pas la peine. Mais de manière générale, je me ressaisi assez vite et déplace mon énergie au profit d’actions qui m’apportent quelque chose. La rédaction de ce blog en est une par exemple. Il me ramène à l’essentiel : mon désir de voir le monde, de vivre pleinement des connections humaines et de multiplier les expériences en tout genre.

Et voilà, c’est comme ça que j’en suis arrivée là. Partager mes voyages à ceux que ça intéresse, c’est ma manière de vous pousser à vivre pleinement, et de vous inviter à savoir vous aussi, de quoi est-ce que vous voulez remplir votre vie ?

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